|
|
Les quatre apprenties avaient les yeux
rivés sur lui. Deux d’entre elles, celles qui avaient le plus
d’expérience, savaient déjà que l’arme
était l’une de ses meilleures pièces.
L’épée était
incomplète : la soie était nue, la garde pas encore posée,
et les tranchants ne seraient pas effilés pour un temps, encore.
Il restait le polissage à faire, ainsi que nombre de petites tâches
routinières. Elle était incomplète, mais le travail
était fondamentalement terminé.
Les runes finement inscrites dans la
lame luisaient d’une lumière bleutée à peine
visible et semblant provenir du cœur de l’arme. Ces runes n’étaient
plus requises puisque les sortilèges de la lame étaient
maintenant brûlés profondément dans l’alliage
complexe qui fournirait pour l’éternité l’énergie
requise pour maintenir les sortilèges en vie.
Sur la soie était sa marque,
ainsi que l’année. La marque de chacune des apprenties, en
ordre de séniorité, était aussi sur la pièce
qui permettrait l’assemblage de la poigne : elles avaient contribuées
par leur sueur, leur
sang, et leur magie à l’âme de l’arme, et il considérait
que la contribution de même une apprentie débutante devait
être reconnue.
Il était fasciné par
l’arme qu’il tenait entre les mains, ses yeux ne cherchant plus
de défauts qu’il savait inexistants depuis maintenant de longues
minutes. Elle était parfaite, l’une de ses meilleures créations.
Il avait des siècles d’expérience comme forgeron. À
ses sens, la lame vibrait de vie, d’une soif qui ne pouvait être
assouvie que par le sang.
Elle était très longue,
mais légère. Elle était rigide là ou il le
fallait, et flexible ailleurs. Les alliages utilisés –les
tranchants n’étaient pas du même alliage que le reste
de l’arme- faisaient que l’épée était mince
et étroite malgré ses dimensions, avec une seule arête
pour fournir la rigidité voulue. C’était une arme brutale,
faite pour être utilisée à deux mains. Sa légèreté,
sa balance, ferait de cette épée une arme très rapide
pour ses dimensions.
« Arkann… »
Il ignora la voix de Sélène,
qui était apprentie senior. Presque. Ses doigts se fermèrent
sur la lame pas encore affûtée, comme s’il craignait
que quelqu’un puisse tenter de l’arracher de ses mains.
« Arkann tu as promis… »
Elle était belle cette lame.
Elle vivait. Elle l’appelait. Trois mois de dur labeur. Des métaux
rares. Des sortilèges complexes. Son sang avait coulé pour
lui donner vie.
« Arkann. Elle est à l’une
d’entre nous. Tu as promis… »
« Elle n’est pas terminée.
Il y a beaucoup de travail à faire, encore. Elle a des défauts,
» répondit-il, d’une voix distante, absorbé par
l’admiration de cette œuvre magnifique. Si elle avait été
femme, il l’aurait courtisé avec passion. Il était
distrait comme un étalon avec une
jument en chaleur sous son nez, et ne vit les mouvements de ses apprenties
qu’une fois qu’elles lurent encerclé. Elles se collèrent
contre lui, l’enlacèrent. Il se raidit de surprise, prêt
à se battre.
« Arkann, tu as promis. Donne
la nous. Donne la nous. Nous la prendrons de force s’il le faut.
Nous sommes prêtes. Nous sommes quatre. Tu vas perdre. Donne la
nous. S’il te plaît… »
Elles l’immobilisaient, il sentait
leur magie, prête à le neutraliser. Il était furieux,
il brûlait de rage à cette perfide trahison, à ce
vol ignoble. Mais Sélène disait la vérité.
Elles étaient prêtes, déterminées, et son moment
de distraction total l’avait mis en position de faiblesse.
Lentement, Sélène mit
une main sur la lame, ferma les doigts, jusqu’à ce qu’elle
sente la résistance d’Arkann se dissiper. Il avait physiquement
mal, comme toujours lorsqu’il devait se départir d’une
telle pièce. Il avait un mur où il montait ses plus belles
oeuvres, et il pouvait passer des heures, des jours à les admirer,
à écouter leur chant. Cette lame ne ferait jamais partie
de son trésor.
La fureur laissa place à la
tristesse. Elles sentirent le changement, savaient qu’elles venaient
de gagner. Arkann était toujours ainsi quand venait le temps de
se départir d’une pièce maîtresse, et elles étaient
excitées, car cela voulait dire que l’arme était exceptionnelle.
« Ça va. Vous pouvez me
laisser tranquille, » il grommela, de fort mauvaise humeur. Sélène
mena les autres, et elles le relâchèrent. D’un geste
brusque, il tendit l’arme à Sélène.
Sélène caressa le métal,
un grand sourire sur ses lèvres, ses yeux s’écarquillant
quand elle perçut la grande perfection de l’arme, entendit
pour la première fois le chant à peine audible de l’épée.
Elle ferma les yeux, écouta… et comprit que l’arme n’était
pas pour elle. Le choc se lisait sur son visage, et le choc laissa place
à une très chaude colère, une jalousie sans fond,
car l’arme était pour une autre. Une autre, alors qu’elle
avait passé deux ans de sa vie en quête des métaux
requis pour l’arme, qu’elle s’était échinée,
avait travaillé sans compter.
Elle regarda Arkann avec des yeux mauvais,
accusateurs, son langage corporel avertissant le forgeron d’une attaque
imminente.
« Je t’aiderai avec ta propre
épée. Ce sera ton projet final. Nous la ferons avec le métal
que tu m’as volé, » lui dit-il, d’une voix dure
et froide. Il la vit pâlir, sa colère oubliée et remplacée
par une grande crainte, car elle avait encore beaucoup à apprendre
de lui, et elle partageait son amour des métaux. Il n’était
pas si cruel qu’il lui dénierait ce que son cœur voulait
avec tant de passion, mais elle n’avait
pas besoin de le savoir, et la laisser le ‘convaincre’ de lui
donner une autre chance allait assurément avoir de bons cotés.
Elle était très intelligente,
et ne dit rien, courba la tête. Il savait déjà qu’elle
jouerait sur le temps, car celui-ci arrangeait souvent bien des choses.
Une longue quête pour les métaux, une recherche désespérée
pour lui ramener bien plus qu’il ne demandait. Pour la prochaine
décennie, Sélène ne négligerait rien pouvant
aider à effacer son crime. Il prit l’arme de ses mains, et
la tendit à Miria, qui était la troisième en séniorité.
Elle échappa presque l’arme
quand celle-ci la reconnut, s’empara d’elle, se força
profondément dans sa conscience. Un petit cri s’échappa
de sa bouche,
la femme résistant instinctivement, mais son sang qui avait été
copieusement versé était une faiblesse par lequel le sortilège
passa. Deux secondes, et tout était terminé, quoiqu’il
en prenne beaucoup plus pour que Miria récupère. L’expression
de merveille sur son visage sale et marqué par des coulées
de sueur était un baume sur les plaies encore béantes d’Arkann.
Shayan, qui était seconde, et
qui s’était convaincue qu’elle recevrait l’épée
lorsque Sélène fut passée, sortit de la forge avec
un pas rageur. Nul doute allait elle disparaître pour quelques semaines
afin de se trouver un ennemi et le mettre à mort après lui
avoir infligé de terribles tourments.
La dernière apprentie, qui avait
su qu’elle n’aurait rien, regardait l’épée
avec avidité. Un jour… elle aussi aurait une telle arme.
« Bon. Nous avons du travail
à faire, » Arkann dit, mettant la main sur la lame, amusé
lorsque Miria bondit en arrière, agrippant l’arme de toutes
ses forces, la serrant contre sa poitrine, et en proférant des
menaces à Arkann.
« Nous avons du travail à
faire, » il répéta, lorsqu’elle se calma. «
Nous avons encore une semaine de travail pour la terminer. Pour le moment,
nous avons du nettoyage à faire. Allez. »
C’est avec grande répugnance
que Miria obéit aux règles de la forge, et plaça
l’arme sur l’établi prévu pour les travaux en
cours. À quatre, ils remirent la forge en ordre. Même les
journées ou ils étaient exténués, cette routine
était incontournable, et Arkann y participait toujours, même
si de telles tâches étaient du domaine des apprenties.
Dans les jours qui suivirent, ils reçurent
de Sefera le baudrier parfaitement ajusté pour Miria, ainsi que
les fines lanières de peau de requin qui serviraient à recouvrir
la fusée afin d’assurer une poigne sans pareille, même
quand les mains suaient. Ils travaillèrent le fourreau et la
garde, la finition de l’ensemble de l’épée, mais
une grande question demeurait : la fusée et le pommeau étaient
manquants. Il était aussi apparent qu’une partie des sortilèges
de l’arme n’étaient pas encore scellés. Miria
était inquiète, anxieuse. C’était son épée,
et Arkann ne
lui disait pas tout. La spéculation était vive.
Et puis vint le jour de l’assemblage
final… et Sélène éclata de rire lorsqu’Arkann
déposa fusée et pommeau sur la table. Les deux apprenties
juniors ne comprenaient que partiellement.
Sifflant de manière amusée,
Arkann sépara la fusée en deux, puis l’assembla avec
la soie de l’épée au milieu. Arkann utilisait des rivets
spéciaux, démontables, pour river cette pièce en
place. Puis il fixa le pommeau. Subtilement, il activa les derniers sortilèges.
Le travail de quelques minutes, et il donna l’arme à Miria,
qui rougit d’embarras.
« Tu n’est pas sérieux!
»
« Oh, mais je le suis. Tu devras
retirer les lanières de peau de requin –c’est un peu
rugueux- mais pour le reste… ça devrait être très
bien. Un peu gros, j’en conviens, mais tu voulais une épée
à deux mains, et ça demande une certaine longueur. »
Le pommeau et la fusée formaient
un tout, une verge de cheval en érection, aisément reconnaissable,
vulgaire au plus haut point. Arkann pouvait imaginer la femme lors d’une
quête dans une contrée lointaine, l’arme au dos, avec
ce phallus prominent, hautement visible… Les dimensions n’étaient
évidemment pas réelles, mais le tout était éminemment
reconnaissable.
« Tu vas être seule, parfois
pour des années… je ne voulais pas que tu te retrouves sans
moyens. Je saurai quand tu l’utilises et, si je le désire,
je sentirai ce que tu lui fais, comme si tu me le faisais à moi.
»
Elle était bouche bée,
toute rouge. Cette dernière facétie d’Arkann allait
faire le tour du harem très rapidement. Il était bien connu
que les cadeaux d’Arkann n’étaient pas toujours sans
ficelles… Elle allait avoir toute une surprise, la première
fois qu’elle utilisait l’épée pour son plaisir;
le tout dernier raffinement d’Arkann rendrait le membre de métal
chaud et souple comme la chair au toucher.
La journée se termina tôt
pour la première fois depuis des semaines et il en profita pour
se reposer, lire un livre en sirotant un cidre frais dans le jardin, à
l’ombre d’un arbre. Sélène vint le rejoindre en
fin d’après-midi, portant bottes, pantalons de campagne, et
une cuirasse presque neuve qui avait été l’un des ses
projets d’apprentissage. Le heaume qu’elle portait sous son
bras était aussi une de ses pièces, plus ancien, marqué
par endroits. La cotte d’arme qu’elle portait sur son armure
arborait le cheval de sable cabré sur champ d’argent qui était
le blason d’Arkann. Le même blason se retrouvait sur son bouclier.
« Je pars, » lui annonça-t-elle.
« C’est bien, » il
répondit, d’une voix froide et distante, sans lever les yeux
de son livre. Il n’était pas surpris. Plus vite elle partait,
plus vite elle se ferait oublier, plus vite elle reviendrait avec le métal
qui saurait l’amadouer. Elle partait pour au moins deux ans, et il
ne leva même pas les yeux. Elle serait seule, elle ferait face à
maints dangers, et elle allait être inquiète qu’il ne
la rejette pour tout ce temps. Elle apprendrait à ne plus le voler.
À tout le moins, à ne plus être attrapée. Elle
était suffisamment forte pour faire face à ce que ce monde
pouvait lui lancer, et si elle ne le pouvait, elle n’aurait qu’à
appeler au secours et le harem entier chargerait à sa rescousse
en passant par le monde des ombres. Humiliant pour elle, une brèche
dans les termes d’exil d’Arkann, mais mieux que de mourir dans
une jungle putride ou pendue à un arbre fourchu par une populace
ignare.
Il sourit lorsqu’elle s’en
fût allée, pensant à ces précieux métaux
qu’elle rapporterait, ses doigts presque capables de sentir les lingots…
Ce soir la, comme toujours au sortir
de son bureau, il fit face à son harem. Il était de relativement
bonne humeur, et la courte journée lui avait permis de se changer
les idées. Il avait faim. Ce n’était pas la faim de
son corps d’humain, mais l’appétit de sa vraie forme,
qui ne pouvait être assouvi que par le sang d’une proie, ou
des fortes émotions générées par les rêves
érotiques ou cauchemars d’une autre personne.
Faire un choix était fort simple
: une des femmes du harem avait répandu des rumeurs désobligeantes
sur lui parmi la populace il y avait de cela plusieurs années.
Rien de trop sérieux, une petite vengeance pour ce qu’elle
avait perçu comme une injustice de la part d’Arkann, et il
trouvait que le temps était venu de lui laisser savoir qu’il
savait, et de la punir en conséquence.
Elle ne se doutait de rien, des années
après le méfait, et le visage de Circé s’illumina
d’un grand sourire lorsqu’il la choisit, elle qui avait été
négligée ces derniers temps. Les cheveux d’un blond
presque platine, des yeux d’un bleu surprenant, et une face d’une
très grande beauté. Entouré
comme il l’était de femmes ravissantes, qui pouvaient changer
d’apparence si elles le désiraient vraiment, Arkann portait
plus attention à la personnalité qu’a la beauté
physique. Grande, élancée, Circé l’attirait
en même temps qu’elle éveillait une grande méfiance,
car elle était sournoise et traître, et sa maîtrise
des phylactères dépassait la sienne. Elle maîtrisait
fort bien la magie telle qu’utilisée par les humains, et elle
ne dépendait pas autant de lui pour apprendre.
Elle était un peu plus vieille
que lui, et elle n’était plus vierge lorsqu’elle était
entrée dans son harem, ayant fait partie d’un autre harem
avant que son maître d’alors ne meure assassiné par
un autre male de leur espèce. Une grande volonté couplée
à ce qu’elle apportait à son harem
l’avait mené à l’accepter malgré tout.
Il ne laissa rien paraître de ses plans, l’entraîna dans
ses quartiers.
Dans sa chambre, la porte fermée,
et une fois les sortilèges activés contre l’espionnage
des femmes du harem, il frappa, sourire aux lèvres, sans aucune
forme d’avertissement, de toutes ses forces.
L’effet de surprise était
grand, mais Circé était forte, et Arkann peut-être
trop ambitieux. La résistance de Circé était comme
un mur autour de son esprit, un mur de sable qui s’effritait, s’érodait,
mais un mur qui refusait de s’effondrer trop rapidement. Elle lui
donna un coup, au hasard, et il la para aisément, mais son visage
trahissait l’effort presque physique requis pour surmonter la ténacité
de Circé.
« Que veux-tu, Arkann? »
elle lui demanda d’une voix étranglée, résistant
de toutes ses forces à l’invasion de son esprit.
Arkann dut abandonner après
quelques instants de plus, lorsqu’il comprit qu’il n’arriverait
pas à ses fins. Il était choqué de voir combien Circé
était puissante, la seule du harem capable de résister une
prise de contrôle de sa part. De son coté, Circé était
encore plus secouée. Elle s’était
crue complètement hors de portée d’Arkann, et avait
presque perdu ce combat.
Puis elle se mit à rire en voyant
la surprise toujours visible sur la face d’Arkann. C’était
un rire mi-soulagé, mi-nerveux. « Il y longtemps que je ne
suis plus une de ces petites jouvencelles, » dit-elle, faisant référence
aux autres femmes du harem. « Je ne suis pas aussi vulnérable
que tu le pensais. »
« Et pas aussi forte que tu ne
le croyais, » lui répondit-il, sobrement. Il réalisait
pour la première fois à quel point elle était dangereuse.
Même quand il était encore jeune et sans expérience,
il avait toujours réussi à s’imposer. C’était
son premier échec de cette nature.
« C’est vrai, » elle
dut admettre. Puis, « je suis la plus vieille du harem. Bien assez
vieille pour être la grand-mère de chacune d’elle. Tu
me dois un peu de respect. Nous avons presque le même age, après
tout. Que cherchais-tu à faire? » Elle n’était
pas fâchée, bien sur, puisque s’imposer de cette manière
était son droit, comme il était de son droit pour elle de
résister.
« J’aurais pris le contrôle
et je t’aurais concocté… un petit rêve savoureux,
tout gentil, érotique à souhait, qui t’aurais laissé
satisfaite. »
« Et affaiblie, » lui dit-elle
de manière pointue. « Tu te serais nourri de moi, de mes
forces. Siphonnée, des semaines à m’en remettre. Pourquoi
moi, et pas une autre? »
Il lui sourit. « Des rumeurs
que tu as répandu parmi mes sujets. »
Elle roula les yeux, « c’est
tout? C’est de l’histoire ancienne tout ça, et j’étais
justifiée. Si tu veux me punir, trouve une bonne raison. D’ailleurs,
j’exige des excuses. Ou bien… »
Elle parlait d’une voix sérieuse,
son expression un peu hautaine, mais Arkann savait qu’elle était
en train de jouer. « Ou bien? » Il répéta, s’avançant
sur elle, mettant les mains sur les hanches de Circé, le bout des
doigts caressant ses fesses au travers du tissu de sa robe.
Elle sourit, se laissa prendre et brossa
l’arête de son nez contre une joue d’Arkann. « Je
suis très bonne avec les rêves de mes proies. Je suis douce.
Je ne cause pas de cauchemars. Je leur donne des rêves érotiques
sans pareils. Ils se réveillent en éjaculant, pantois, et
ils se
souviennent de tout… » Il lui mordilla le lobe d’une oreille.
« Et puis tu les abandonnes de longs mois, jusqu'à ce qu’ils
désespèrent de jamais connaître une si grande
passion de nouveau. Tu reviens, éventuellement, tu les caresses
plusieurs nuits de suite, et l’anticipation ne fait que décupler
la qualité de ton repas, lorsque tu leur donnes ce qu’ils
cherchent. N’y pense même pas. »
« C’est dommage, »
dit-elle en un chuchotement, caressant son dos de ses doigts. «
Tout ce que je pourrais te faire, ce que je pourrais te donner… des
expériences magnifiques… N’aimerais tu pas être
un dragon s’accouplant avec sa dragonne en plein vol? L’étalon
d’un troupeau de licornes? Je pourrais te donner maintenant l’expérience
que sera ton harem dans cinq siècles, quand tu auras une telle
maîtrise de tes arts que toutes te seront
soumises corps et âme, en demeurant les fières créatures
que tu connais maintenant. » Elle rencontra ses yeux de son regard,
jaugea le risque, et donna le coup de grâce. « Je peux te
montrer le jour où tu vaincras Aramis.
Jamais nous ne te laisserons le tuer… mais te laisser imposer ta
volonté sur lui… le garder enchaîné…»
Il sentait sa caresse sur son esprit,
les images à peine formées qu’elle lui donnait, la
suggestion de ce qui était possible. Elle continuait. « Imagine,
Arkann. Imagine un harem totalement uni, totalement loyal, sans guerre
interne. Imagine un harem qui te sert sans penser à prendre ton
contrôle, tout simplement parce que tu laisses le harem abuser de
ton frère, de faire avec lui tout ce que nous aimerions faire avec
toi. C’est la clef,
Arkann. Tu pourrais même faire que le harem d’Aramis le trahisse,
le livre à toi, si tu arrives à forger ton propre harem
en arme redoutable, unie. »
« Donnes-nous ce pouvoir. Unis
nous. Cesse de nous diviser. Je peux te montrer ce que sera. »
Il y avait cette vision… Arkann
conquérant Aramis. Conquérant les autres males et les assujettissants
à son règne, les femmes faisant partie de son harem original
ses fidèles lieutenants, sa garde personnelle. Jamais, jamais dans
toute l’histoire de leur espèce avait un male régné
sur tous et toutes.
« Un beau rêve, »
il dit, retombant sur terre.
« Temps et efforts seront nécessaires
pour le mener à terme, » elle admit, aisément.
« Je ne suis pas certain de vouloir
vous unir, » il répondit, un peu sèchement.
« C’est compréhensible.
Si quelqu’un peut y arriver, et garder le contrôle, ce sera
toi. Tu devras trouver comment faire pour que ton risque soit raisonnable.
Nous pourrons en discuter. »
Il lui donna un sourire malin. «
Même si ça marchait, vous ne vous contenteriez pas d’un
seul male bien longtemps. Déjà que lorsque je vous donne
un pouce, vous prenez le bras. Non. »
« Médisances… »
Elle n’insista pas, mais le germe était semé. Elle
lui prit les mains, et le tira vers le lit. « Tu viens? Je sens
ta faim, et je suis prête à te servir de proie, mais…
tu devras me bâtir un beau rêve agréable, et il te
faudra me donner de puissants incitatifs… »
Il se laissa entraîner vers le
lit, résistant un tout petit peu. « Ton prix est probablement
trop élevé, » il commenta.
« Non. Il est juste. Je ne vais
tout de même pas passer les prochaines semaines à être
affaiblie sans contrepartie. Viens… »
Elle était maintenant sur le
lit et il se laissa tomber à ses cotés, puis s’étira
paresseusement. « Nomme ton prix… »
« Il a deux parties, »
elle lui dit, d’un ton enjoué.
« Ça commence mal, »
il répondit, faisant mine de se lever pour partir, mais elle ria
et lui agrippa le bras, le fit retomber à ses cotés. Elle
nomma les connaissances qu’elle souhaitait acquérir. Un prix
élevé, à la frontière de l’acceptable.
Puis elle se colla contre lui, et lui mordilla
l’oreille. « J’aimerais bien connaître Karann. Présente
le moi, intègre le à mon rêve. »
Arkann se raidit, la regarda comme
un humain aurait pu regarder un serpent se glissant hors des draps de
son lit. « Comment as-tu appris au sujet de Karann? » Sa voix
était sèche et dure.
Elle ria. « C’est mon secret.
Trouve le si tu le peux. Ce qui me manque en puissance je compense en
subtilité. Mais je suis au courant de Karann, fait à ton
image, mais de l’autre espèce. » Milikki, qui avait
construit l’univers, avait créé leur espèce,
sombre et mauvaise, pour l’espionnage et l’assassinat alors
que les membres de l’autre espèce étaient des créatures
de guerre et de bonté. Deux espèces se ressemblant, mais
opposées, se complémentant bien. Ils avait été
créés pour être alliés naturels en temps de
crise, mais incapable d’être ensemble une fois la crise passée.
Deux espèces qui existaient, pour protéger toutes les autres
contre l’ennemi de la vie.
Arkann était fort mécontent.
Circé rencontrait ses yeux, sans crainte. Il n’était
pas fâché contre elle, mais contre lui-même. Karann
était une autre de ses faiblesses, une drogue dangereuse dans laquelle
il était trop facile de se perdre. Il caressa l’esprit de
Circé, la tira doucement dans une réalité autre.
Graduellement, il prit le contrôle des sens de la femme, jusqu’à
ce qu’elle soit debout dans une clairière. Des fleurs au doux
parfum poussaient à l’orée de la forêt, une forêt
de très grands arbres. À ses oreilles parvenait le chant
des oiseaux, le souffle du vent dans les
cimes, et le claquement des bois de deux cerfs s’affrontant au loin.
Tout cela était secondaire à
la créature se trouvant devant elle. Une licorne au pelage d’n
blanc pur, d’une crinière soyeuse d’un argenté
pâle. Il était magnifique, et s’approchait d’elle
sans faire un bruit, la pointe létale de sa corne tenue bien haute.
Il était énorme, la grosseur d’un cheval de trait,
même si ses formes étaient de loin plus gracieuses. Il s’arrêta
proche d’elle, une expression narquoise sur son museau, la laissa
l’admirer quelques instants, puis se transforma, prit forme humaine.
« Bienvenue dans ma prison dorée,
Circé, » il lui dit, d’une voix qui aurait pu être
celle d’Arkann, une voix utilisée plus doucement, sans arrogance.
Il portait pantalons et une tunique blanche, ses cheveux étaient
argentés. Son apparence était proche de celle d’Arkann,
mais pas du tout sévère ou austère, très détendue.
Elle n’avait jamais vu Arkann vraiment détendu.
« Arkann, tu te dépasses,
» elle dit, avec grand plaisir à celui qui manipulait ses
perceptions.
L’autre fit la grimace. «
Circé, tu ne sais pas, tu ne cherches pas à m’insulter,
mais disons que je ne suis pas trop enchanté. Je suis, Circé,
même si je n’existe que par la grâce des rêves
d’Arkann. Je n’ai peut être pas de corps, je ne suis peut
être qu’une expérience qui a pris vie et âme,
mais j’existe réellement. »
Circé le crut presque, pour
quelques instants. Puis elle s’esclaffa de rire, totalement séduite
par le talent d’Arkann. « Arkann. Merci. Merci beaucoup. »
Karann soupira, l’air peiné.
« Bon, je crois que ce n’est pas une si grande surprise. »
Puis il sourit, « je m’appelle Karann. J’ai bien peur
qu’Arkann n’ait manqué d’imagination quand vint
le temps de me nommer. »
« Non, Karann, et tu le sais
fort bien. » C’était Arkann, l’air désapprobateur,
assit sur une grande roche couverte de mousse. Elle ne l’avait pas
vu. Plus probablement, il venait tout juste de s’insérer dans
le rêve. « Circé, Karann est ma création. J’ai
tenté d’en faire une licorne. Il est aussi proche que je puis
le rendre, sans jamais avoir
conversé avec l’autre espèce. Je l’ai créé
à partir de moi. Crois moi, il a une certaine bonté, mais
il ment sans vergogne, il tentera de t’utiliser par tous les moyens.
Il est un ennemi retors et subtil qui te fera de vagues promesses. Il
veut la liberté, et cette liberté passe par la saisie de
mon corps, la mise au rencart de ma personnalité. Ce n’est
pas parce qu’il a l’apparence d’une licorne que tu peux
lui faire quelque confiance que ce soit. »
« Tu me blesses, Arkann, »
commença Karann d’une voix affligée, une main sur la
poitrine, le revers de l’autre main couvrant ses yeux. « Honte
à toi, O puissant Arkann, pour salir ainsi l’honneur de ton
humble création. »
Circé se tourna vers Arkann,
amusée. « Arkann, dis moi ton prix pour que tu me montres
comment être si douée, et il sera le mien. » Il y avait
une certaine avarice dans sa voix.
« Circé! Je suis! Écoute
ce que dit notre valeureux maître, et tu comprendras qu’il
admet implicitement ce fait! »
« Ton prix, Arkann? » Arkann
sentait comment Circé testait ses sens, touchait au rêve
pour tenter de voir comment il faisait. Karann la fascinait, mais elle
l’ignorait pour le moment. Elle tentait de voir comment Arkann le
manipulait.
« Tu ne veux pas de ceci, Circé,
» Arkann répondit, l’air morose. « Je me suis
trop dépassé, je l’ai trop raffiné. Karann est
un danger public : je suis assez puissant pour le créer, mais ce
lieu… c’est sa création. » Il fit un geste. «
Je suis habituellement capable de le contrôler, mais il
devient plus puissant à chaque année. Il m’espionne,
il fouille mes pensées, il attend. Un jour, il frappera. »
Circé hésita de longs
moments, puis secoua la tête. « Non, Arkann, tu ne m’auras
pas ainsi. Ça n’est pas possible. Tu tentes de me faire croire
que Karann existe réellement en tant que personne. »
Arkann ne répondit pas et laissa
à Karann le soin de le faire. Ce qu’il fit, en enserrant Circé
dans ses bras. « Circé, je ne puis te convaincre ainsi, et
seul le temps passé avec moi te permettra de voir à quel
point ma
mentalité est différente de celle d’Arkann, au point
où tu comprendras que ce n’est pas Arkann qui tire les ficelles
de mes actions et pensées. Il va chercher à te confondre,
à te garder dans l’inconnu. Il cherchera à te faire
croire que je ne suis qu’un rêve magistralement créé
pour toi. La
vérité est autre. Arkann possède un tel talent qu’il
m’a donné vie, presque par accident, sans savoir.”
Circé se laissa enlacer par
Karann, décidant de se laisser faire, d’embarquer dans ce
rêve exquis, même si elle savait qu’Arkann allait être
en droit de demander beaucoup en retour. Elle le sentait, aux frontières
du rêve, se préparant à se nourrir de ses forces.
« Tu sens si bon… »
un murmure excité de la part de Karann, qui la caressait de son
nez alors que ses mains assurées exploraient tendrement son corps
au travers des vêtements, glissaient le long de sa colonne.
Elle le sentit frémir lorsqu’elle
lui mordilla le lobe d’une oreille. Il se pressa contre elle, ses
doigts se crispant, lorsqu’elle lui laissa sentir sa langue. Il était…
surexcité, et elle pouvait sentir la puissante érection
qui ne demandait rien de mieux que de s’enfoncer en elle…
Elle était surprise par l’intensité
du désir de Karann. Arkann était un être sophistiqué,
un peu blasé à l’occasion, et qui demandait parfois
beaucoup de travail à celle qui voulait le faire réagir.
Elle n’était pas habituée à un tel enthousiasme
débridé. Il tentait de reprendre ses
caresses, mais elles manquaient de coordination, de douceur… et elle
pouvait le faire frémir à sa guise. Elle expérimenta,
se frotta contre lui, lui laissa sentir ses seins, lui donna un soupir
d’encouragement… la réaction
fut plus intense que prévue. Il grogna, son étreinte devint
presque douloureuse, et elle sentit comment il allait la pousser au sol
et la prendre vitement.
« Doucement, Karann. Tu ne voudrais
tout de même pas laisser une mauvaise impression à celle
qui te permettra de te débarrasser de ton état de puceau…
» Il y avait de la malice amusée dans la voix d’Arkann,
et sa création se raidit, et s’il n’avait pas eu Circé
dans ses bras, il aurait
avancé sur Arkann avec le but de lui donner une raclée.
« Il ment. J’ai beaucoup
d’expérience. Ignore le! »
Le rire moqueur d’Arkann fusa
avant que Circé ne puisse répondre. « Il se masturbe,
oui, en se créant des rêves plaisants, ou ses compagnes sont
désirables, réagissent au quart de tour, jouissent avec
peu d’effort, et sont en extase devant ses supposés talents.
Ce qu’il sait, ce sont les connaissances qu’il m’a volé.
Théorique, sans le contrôle requis. Il sait sans savoir.
À peine mieux que s’il avait lu un livre pour apprendre. »
Circé pouvait sentir l’humiliation
de Karann, la honte qu’il ressentait à voir ce secret révélé.
Il était au moins aussi orgueilleux qu’Arkann, ce qui n’était
pas peu dire. Arkann se surpassait pour elle, lui donnait un rêve
dont elle se souviendrait clairement dans deux siècles. Il lui
donnait un rare cadeau : la chance de déflorer un male de l’autre
espèce, même si seulement dans un rêve.
« Va t’en, Arkann. Nous
n’avons plus besoin de toi. » Et dans l’oreille de Karann,
« n’ait pas peur. Je vais prendre soin de toi. Je te donnerai
toutes les armes dont tu as besoin pour faire fondre toute femme, pour
gagner cette confiance en toi dont tu as tant besoin. Aucune ne saura
jamais. »
Elle sentait comment la tension quittait
Karann, sentait son soulagement. Il brûlait de connaître,
de comprendre, de sentir le corps dénudé d’une femme
contre le sien, de s’enfoncer dans les profondeurs brûlantes
d’un fourreau réceptif. « Merci, » il lui murmura
à l’oreille, tout simplement, mais elle sentait à quel
point il pensait ce mot, combien sa gratitude était réelle.
Sa rancune envers Arkann était oubliée. Il était
rouge d’embarras, mais son sourire gamin rayonnait de chaleur. Était-ce
ainsi, d’être avec l’autre espèce? Pour la première
fois de sa vie, elle se sentait totalement à l’aise, complètement
en sécurité en la compagnie d’un male. Elle savait
instinctivement qu’elle pouvait baisser sa garde, que Karann n’exploiterait
pas cette brèche dans ses défenses…
Elle tourna des yeux mauvais vers Arkann,
qui était toujours présent, silencieux, observant avec un
air moqueur. Karann fit de même. Arkann soupira, se leva, et s’en
alla avec une démarche nonchalante. Le dos à un
autre mâle, un signal de dédain qui indiquait qu’Arkann
ne le considérait pas comme un danger, et cela fit bouillir Karann
à nouveau. Elle lui mit une main sur la poitrine, pour le calmer.
Cela n’aurait jamais marché avec Arkann, mais Karann avait
un tempérament à ce point différent qu’il ne
prit aucune action.
Et puis, une fois Arkann hors de vue…
elle prit les devants, le tira contre elle, le caressa de ses joues, de
son nez.
« Laisse moi faire. Laisse toi
faire, » elle lui murmura, alors qu’il tentait fébrilement
de faire sa part. Il hocha de la tête, l’air embarrassé.
Elle était excitée, savourait
le moment. Il était beau, il était tendre… mais elle
était la créature qu’elle était. Elle ne pouvait
résister. Elle le caressait, lui murmurait des mots doux, lui disait
ce qu’elle ferait de lui. Elle se frottait contre lui. Elle lui laissait
savoir combien elle le
désirait.
Elle sentait à quel point il
était excité, perdu dans ses sens, ces impressions qu’il
découvrait vraiment pour la première fois. Un baiser, léger,
lèvres contre lèvres. Un bras autour de sa taille, alors
que la main libre descendait lentement le long de son flanc droit, imprévisible,
variant
la pression des doigts. Lentement, mais inexorablement, et elle pouvait
lire ses pensées, ses désirs, jouait sur ceux-ci. Le baiser,
plus intense, la langue de Circé se glissant le long des lèvres
de Karann.
Karann, qui brûlait, qui frémissait,
ses doigts crispés, agrippant Circé fermement. Le plaisir
de Circé était intense, car elle sentait comment Karann
lui appartenait, lui était vulnérable. Sa main, sur les
fesses de Karann, puis le long d’une jambe, pour ensuite remonter
le long d’une cuisse, vers l’entrejambe, alors qu’elle
lui mordillait la lèvre inférieure, arrêtant parfois
le baiser, pour lui murmurer combien elle le voulait.
Un moment de flottement, mais sa main
n’alla pas droit au but, s’esquiva au dernier moment, et sa
proie eut un mouvement vers l’avant, comme pour la pénétrer,
et laissa échapper un gémissement. Elle le travailla, joua
avec lui pendant de longs moments, et chaque fois qu’il pensait qu’elle
allait finalement le toucher… sa main s’écartait, pour
aller le caresser ailleurs. Puis vint le temps, lorsqu’elle sentait
qu’il était mûr… et le toucha, au travers de ses
pantalons, de bas en haut, en une longue et ferme caresse… alors
que son autre main se faufilait par l’arrière, pour appliquer
une ferme pression entre ses fesses, le point fermé, la jointure
du pouce
appliquée au travers du tissus contre l’anus de Karann. Des
mouvements rythmés…
Les yeux de sa proie s’écarquillèrent,
et il tenta de se glisser hors de son étreinte, de résister,
mais il n’avait jamais senti ce genre de sensation, n’avait
jamais eu dans les bras une femme qui savait manipuler, surprendre,
toucher… surexcité, vierge, surprit… il n’arriva
pas à se contrôler, et éjacula dans ses pantalons.
« Déjà? »
elle lui demanda, d’un ton espiègle, savourant ce moment,
savourant cette vulnérabilité de son corps, de son esprit,
alors que le tissu devenait humide sous ses doigts. Elle serra sa main
autour de son pénis au travers du pantalon, appliqua une douce
pression, alors que l’autre main continuait son œuvre.
Karann tentait toujours de résister,
et elle sentait sa honte, son embarras, et un certain degré de
mécontentement qui allait avec son plaisir intense. Il savait très
bien ce qu’elle venait de faire. Il pouvait s’appeler Karann,
mais Arkann tirait ses ficelles…
« Tu joues avec moi, Circé,
» il lui dit, d’un ton faussement accusateur, sa bonne humeur
reprenant le dessus.
Elle lui donna un sourire narquois,
« et à quoi t’attendais-tu, Karann? »
Il grogna, puis sourit. Il était
plus grand, plus imposant, beaucoup plus fort qu’elle. Il la força
à genoux. Força, alors qu’elle ne demandait qu’à
le faire. Elle comprenait très bien ce qu’il voulait, et défit
sa ceinture, l’avant de sa braguette. La tunique était encombrante,
l’empêchait de bien voir, et il s’en débarrassa
prestement. Il était… beau, musclé à souhait,
sans excès. Ses mains dérivèrent vers le haut, pour
caresser ces magnifiques abdominaux si proche, mais il voulait autre chose,
attrapa ses poignets et guida ses mains jusqu'aux pantalons, et elle obéit
à l’ordre implicite et fit lentement descendre ses pantalons,
pour révéler son membre encore dur, visqueux de son essence
virile, de longues lignes le liant au devant de ses pantalons.
« Nettoie ce dégât
que tu as causé, » il lui ordonna, et elle sourit intérieurement.
Il pensait donner les ordres, mais c’est elle qui le guidait, qui
avait le contrôle.
Elle le surprit, commençant
par sa verge, lui laissant sentir pour la première fois une langue
chaude et humide, appliquée avec talent sur son membre. Son érection
reprit rapidement vie. De petits lèchements, tel une chatte, utilisant
le coté plus doux de la langue, et lui laissant sentir le coté
plus rude par moments. Attentionnée, précautionneuse, ne
laissant pas un morceau sans attention, revenant souvent sur ses pas,
jouant de ses
lèvres. Ses mains, placées sur les fesses de l’homme,
l’agrippant, massant les puissants muscles.
Karann, quand à lui, avait placé
ses mains sur la tête de Circé, ne lui faisant pas entièrement
confiance, sachant qu’elle était du style à le mener
presqu’au point de non retour, pour ensuite s’échapper
en courant. Il la regardait. Il se découvrait un profond désir
de se voir servi de cette
manière. Il se découvrait ce désir d’éjaculer
dans sa bouche, sur sa face. Il était… surpris. Il y avait
trop d’Arkann en lui. Il n’était pas confortable avec
ce désir, mais il était la, puissant. Et ce désir,
il l’assouvirait, quitte à s’excuser plus tard.
Circé s’amusait, expérimentait,
découvrait ce qui excitait Karann le plus. Il était beaucoup
comme Arkann, mais avait beaucoup de petites particularités qui
lui étaient siennes. Il ne semblait pas avoir la réticence
d’Arkann, lorsqu’elle le caressait délicatement entre
les fesses.
La tête de son membre était particulièrement sensible,
mais il ne réagissait pas autant lorsqu’elle lui caressait
les couilles.
Et puis vint le temps ou elle décida
que Karann était propre, que son érection était aussi
puissante qu’elle puisse être. Fière, longue, épaisse.
Il était prêt. Elle tourna son attention ailleurs, commença
à lécher les
devants de son pantalon, comme si le tissu était une chair sensible.
« Que fais-tu? » Il demanda,
d’une vois étranglée, tentant de manœuvrer la
tête de Circé avec ses mains. Elle savait comment résister
sans en avoir l’air.
« Mais j’obéis à
tes souhaits, Karann. Je nettoie le dégât… » Un
ton narquois, gentiment moqueur.
« Va plus vite! » Malgré
ces efforts, il ne pouvait empêcher un certain ton plaintif de poindre
dans sa voix. Et il n’était pas Arkann, qui n’aurait
jamais hésité à s’imposer. Arkann aurait déjà
été en train de l’enculer pour la punir.
Elle prit son temps, s’assurant
qu’une joue, que son nez, que ses cheveux se frottent contre l’impressionnante
érection afin de bien la maintenir, de garder Karann dans son état
d’excitation avancé.
« Assez! » il s’exclama,
après quelques minutes de plus, et elle ria, donna une longue et
langoureuse lichée, directement sur son membre, et se leva malgré
les mains de Karann qui s’y opposaient. Il avait beaucoup à
apprendre, s’il comptait maîtriser une femme comme elle…
« Bon, je vais te montrer comment
m’embrasser… » elle lui dit, sobrement, incapable de garder
l’amusement hors de ses yeux.
Karann sourit. Un sourire dur. Il l’attrapa,
la tira à lui. « Petit changement de plan, Circé.
» Une main travaillait pour la libérer de ses vêtements.
Elle ria d’un ton enjoué,
guida une main de Karann entre ses jambes après avoir fait une
petite altération au rêve. Le sourire de Karann glissa lorsqu’il
sentit sous ses doigts, au travers du tissu, la ceinture de chasteté
qu’elle venait tout juste d’intégrer au rêve. Il
tenta de modifier le rêve, de faire disparaître la ceinture…
mais elle était plus forte, plus habile que ce puceau sans grande
expérience.
« Je t’ai promis que je
te donnerais les armes pour donner du plaisir à une femme, Karann.
Il te faudra être convaincant, pour que je te donne plus… »
Elle savoura l’expression horrifiée
de Karann, sa réalisation qu’il allait être tourmenté
tout le long de ce rêve, qu’Arkann lui avait fait un cadeau
empoisonné en lui laissant la connaître. Elle allait l’instruire,
elle lui
donnerait beaucoup de plaisir au cours de ce rêve qui allait durer
des jours, mais il paierait chaque moment de plaisir, chaque éjaculation,
et elle allait le plier à ses désirs, laisser sur lui une
trace indélébile…
Le
Harem 3
|